Dans notre studio de doublage bénévole, nous vivons chaque jour ce qu'aucune IA ne sait reproduire : la sensibilité humaine, l'émotion sincère, l'interprétation tout en nuances. Avec les professionnels du métier, nous refusons que la machine remplace l'humain dans la création artistique.
Une voix, un algorithme peut l'imiter. Mais vivre un personnage, jamais. L'interprétation humaine a une âme, là où l'IA ne fait que la singer.
Chaque voix doublée porte une culture, une identité, des nuances de langue uniques. L'IA générative lisse tout ça et appauvrit un patrimoine bien vivant.
Comédiens, traducteurs, ingénieurs son : c'est toute une filière qui vit de ce métier. Les remplacer par de l'IA, c'est briser des carrières et des vocations.
On ne peut pas se servir des œuvres d'artistes pour entraîner des modèles d'IA sans leur accord. Les droits des créateurs doivent être respectés, point.
Initiée par la SFA, Syndicat Français des Artistes interprètes et l'association professionnelle LESVOIX.
Vous êtes francophones et curieux des œuvres et de la culture, d'où qu'elles viennent ? Vous appréciez la qualité des versions françaises des séries, films, documentaires, jeux vidéo, podcasts et livres audio ? L'audiodescription vous permet de profiter pleinement des œuvres ?
Savez-vous que ces versions françaises sont interprétées par des artistes professionnels, capables de vous apporter la richesse et la complexité de l'interprétation originale, grâce aux nuances et aux émotions qu'ils et elles savent adapter en langue française ?
Nous sommes ces professionnels et nous risquons d'être parmi les premiers à être remplacés, à très court terme, par les outils de l'intelligence artificielle générative (IAG). Ces outils sont capables de traduire, cloner et synthétiser des textes, des voix, des interprétations et des émotions avec une similitude étonnante.
Nous sommes en première ligne car le traitement des données vocales nécessite moins de puissance de calcul que l'image. Des technologies se développent pour générer des films entiers avec des acteurs synthétiques, non pour la fiction, mais pour remplacer des êtres humains dans tous les genres.
L'émotion, la complexité, la beauté de l'expérience humaine véhiculées par la voix et le langage ne peuvent être générées par les modèles d'intelligence artificielle. Si puissants qu'ils soient, les algorithmes ne façonnent que des simulacres, et peuvent renforcer des biais de discriminations présents dans les contenus dont ils se nourrissent.
Les moteurs d'IA générative sont aujourd'hui alimentés par le moissonnage illégitime des œuvres sur lesquelles nous travaillons. À terme, l'IA sera nourrie par des contenus générés antérieurement par d'autres IA, un mécanisme "consanguin" menant à un terrible rétrécissement du spectre des œuvres de l'esprit.
Il est du devoir des pouvoirs publics d'agir, non pour empêcher l'innovation, mais pour réguler le développement de l'IA générative afin de protéger les artistes, les œuvres, la culture et l'emploi.
La transparence est indispensable : chacun doit pouvoir autoriser ou refuser l'utilisation de ses données. Les aides publiques dans le domaine culturel doivent être conditionnées à l'emploi d'artistes humains. Des quotas d'œuvres créées par l'intelligence artistique humaine doivent être imposés aux diffuseurs opérant sur le territoire français.